L’interpellation brutale de Jedidia Mabela, militant emblématique de la LUCHA et ardent défenseur des droits humains, ravive une colère au sein de la société civile Congolaise. Pour le Réseau de Protection des victimes, témoins, défenseurs des droits humains et journalistes (R.P), cet acte répressif illustre une dérive autoritaire qui dégrade dangereusement les fondements démocratiques de la province de la Tshopo.
Dans un communiqué adressé à KIS24, le Réseau exprime sa vive inquiétude face à la répression violente qui a frappé les militants de la LUCHA et de FILIMBI en sit-in pacifique le 1er octobre 2025 devant l’Assemblée provinciale. Cette initiative citoyenne, visant à interpeller les élus sur la gouvernance locale, a été accueillie par une réponse policière disproportionnée : un manifestant gravement blessé, plusieurs disparitions inquiétantes, et une chasse aux organisateurs lancée sans concession.
Jedidia Mabela, qui avait publiquement lu le mémorandum adressé aux autorités, a été arrêté sans mandat, jugé en procédure expresse, puis condamné le lendemain à six mois de servitude pénale principale assortie d’une amende de 1 500 000 francs congolais. Cette procédure expéditive, entachée d’irrégularités flagrantes, jette une ombre sévère sur l’indépendance de la justice locale, écrit le RP/Tshopo.


Le Réseau R.P condamne avec force cette attaque frontale contre les libertés fondamentales : la liberté d’expression, le droit de manifester pacifiquement, et la sécurité individuelle. Il lance un appel pressant à la mobilisation pour exiger :
- Un procès d’appel équitable, conforme aux standards internationaux, pour Jedidia Mabela.
- Le strict respect du principe de proportionnalité dans l’usage de la force par les agents de l’ordre.
- L’ouverture immédiate d’enquêtes indépendantes sur les disparitions et violences signalées.
- La garantie de la protection réelle des défenseurs des droits humains.
- Une vigilance renforcée de la société civile face à la recrudescence des intimidations.
« La défense des droits humains n’est pas une faveur concédée par le pouvoir, mais la pierre angulaire de toute société libre et pacifique », martèle le Réseau dans son communiqué.
Alors que la contestation s’amplifie, Kisangani devient le théâtre d’une lutte silencieuse mais déterminée entre les aspirations démocratiques profondes et les velléités autoritaires. Le cas de Jedidia Mabela, loin d’être un incident isolé, cristallise les tensions d’un pays en quête de justice, de dignité et de respect des droits fondamentaux.

