Le conflit institutionnel qui secouait la commune Tshopo, à Kisangani, dans la province de la Tshopo semble avoir trouvé un début de dénouement sous l’arbitrage du Gouverneur de province, Paulin Lendongolia. Accusée de gestion unilatérale par le bourgmestre adjoint et le Conseil communal, la bourgmestre Marianne Batamane Angelowane est sortie de son silence pour livrer sa version des faits et justifier la promulgation, par arrêté, du budget communal de l’exercice 2026 arrêté à la somme de 1 469 328 475,98 francs congolais, évoquant une situation d’urgence destinée à éviter la paralysie de l’administration.
Longtemps restée en retrait face aux accusations, Marianne Batamane a fait face à ses détracteurs lors d’une réunion de médiation présidée par l’autorité provinciale, le mardi 3 février 2026. Au cœur du litige figure l’arrêté communal du 30 janvier 2026 portant promulgation du budget 2026, contesté par les conseillers communaux qui en réclamaient l’annulation auprès du Vice-Premier ministre de l’Intérieur.
Face aux griefs d’absentéisme et de manque de concertation portés par le Conseil communal et le bourgmestre adjoint, Marcel Batula Yafunga, l’autorité communale a plaidé l’urgence. Elle a rappelé que le projet de budget avait été déposé dans les délais, dès le 17 décembre 2025, mais qu’aucune adoption n’avait eu lieu après trois plénières jugées infructueuses.

« Ils sont partis en vacances parlementaires le 22 janvier 2026 sans voter ce budget. Face à une situation urgente, on prend des mesures urgentes », a-t-elle martelé devant l’assemblée.
Un argumentaire qui a convaincu l’arbitrage provincial. « Le train a déjà quitté la gare », a tranché le Gouverneur de province, confirmant le maintien du budget tout en appelant les parties à la responsabilité. Il a exigé la signature d’un acte d’engagement sous 48 heures afin de restaurer la collaboration entre l’Exécutif communal et le Conseil communal.
Pour Marianne Batamane, cette fronde politique vise également à occulter les résultats enregistrés sur le terrain, notamment dans le domaine sécuritaire. Elle revendique l’éradication du phénomène EVAPO (vol à l’arraché), qui gangrénait la commune Tshopo depuis plus de treize ans.
Grâce à l’opération ANTI-EVAPO, lancée en 2023, la commune a connu un tournant judiciaire majeur avec l’organisation d’un procès forain historique. Celui-ci s’est soldé par la condamnation de sept présumés bandits à des peines allant de 20 à 30 ans de prison.
« Depuis ces condamnations, la commune Tshopo respire », affirme la bourgmestre, mettant en avant le renforcement de la vigilance communautaire et la collaboration avec les services de sécurité.

Au-delà de la sécurité, l’autorité communale a défendu ses actions en faveur de l’assainissement, à travers l’instauration d’un salongo permanent, ainsi que l’encadrement de la jeunesse et la poursuite des initiatives de développement local.
Concernant les accusations d’absentéisme lors des plénières budgétaires, Marianne Batamane les rejette, évoquant des contraintes liées à l’agenda officiel et des convocations qu’elle juge irrégulières. Elle estime avoir agi dans le strict respect des textes afin d’éviter une paralysie de la commune.
Malgré un climat politique encore tendu, le budget communal 2026 demeure en vigueur. Une étape décisive qui devrait permettre à l’Exécutif communal de poursuivre ses actions prioritaires, dans l’attente de la signature de l’acte d’engagement annoncé, censé apaiser durablement les relations avec le Conseil communal.

