Nous sommes à Wina-Wina, chef-lieu de la chefferie de Yaliwasa, ici, les nuits sont devenues silencieuses. Trop silencieuses. En l’espace d’une semaine, huit personnes ont perdu la vie, emportées par des maladies dont la population qualifie de Choléra, rougeole, Mpox : trois menaces sanitaires circuleraient simultanément dans cette partie reculée du territoire de Basoko dans la province de la tshopo.
Dans cette zone enclavée de la province de la Tshopo, l’alerte a été donnée par le député national Fontaine Mangala, qui affirme avoir saisi en urgence le ministre de la Santé dès les premières heures de la matinée. L’élu dit tenir ses informations du chef de la chefferie de Yaliwasa, confronté à une situation qui échappe désormais aux capacités locales.
Sur le terrain, aucune équipe médicale spécialisée, aucun centre de prise en charge adapté, aucune campagne de riposte visible. Les malades sont soignés à domicile, quand ils le sont. Les familles improvisent, souvent démunies, face à des symptômes violents comme diarrhées aiguës, fièvres élevées, éruptions cutanées. Pour beaucoup, la maladie rime avec fatalité.
La situation est extrêmement préoccupante. Ni le gouvernement central, ni le gouvernement provincial n’ont encore déployé d’assistance à Wina-Wina », alerte le député.
Une absence qui inquiète d’autant plus que le territoire de Basoko est traversé par des axes fluviaux et des zones de forte mobilité, favorisant le risque de propagation rapide dans les territoires voisins.
Face à cette urgence sanitaire, Fontaine Mangala en appelle à une mobilisation immédiate du gouvernement de la République et de ses partenaires humanitaires et sanitaires. Il plaide pour l’envoi rapide d’équipes de riposte, la fourniture de médicaments essentiels, l’accès à l’eau potable et la mise en place de dispositifs de surveillance épidémiologique.
Les enfants tombent malades chaque jour, les familles pleurent, et nous n’avons personne pour nous aider. Le gouvernement provincial n’a envoyé ni médecin, ni médicaments, ni eau potable. Nous regardons la rivière en espérant qu’elle nous sauvera, mais nous savons qu’elle nous met aussi en danger» témoigne désespérément Lolima, riverain de Wina-Wina

À Wina-Wina, l’attente se fait lourde, les yeux tournés vers un gouvernement provincial impuissant. Chaque heure qui passe sans intervention nourrit la crainte d’un scénario déjà vu ailleurs dans le pays : une flambée incontrôlée, des villages débordés, des vies perdues faute de soins. Dans cette partie oubliée de la Tshopo, l’urgence n’est plus théorique , elle est vitale.

