Le projet CATI (surveillance, investigation et réponse au choléra) a présenté ses conclusions pour l’année 2025 au cours d’une réunion de redevabilité tenue ce vendredi 30 janvier à Kisangani. Si l’approche communautaire a permis de contenir l’épidémie de choléra, les indicateurs d’assainissement révèlent toutefois une situation sanitaire préoccupante dans la commune de la Tshopo, zone où les investigations ont été menées.
Financé par l’UNICEF et mis en œuvre par l’ONG PPSSP, le projet CATI a pris en charge 95 cas confirmés de choléra sur les 600 initialement projetés dans cette municipalité de la ville de Kisangani, province de la Tshopo. Léonard Kambale, chef d’antenne de PPSSP, a expliqué l’efficacité de cette stratégie qui vise à briser la chaîne de transmission dès l’apparition d’un cas.
« Le problème n’est pas le malade, mais son environnement », a-t-il souligné.
Pour chaque cas détecté, un cordon sanitaire de 18 ménages voisins est mis en place. Ces ménages bénéficient de décontaminations systématiques ainsi que de kits d’hygiène composés de savons, de dispositifs de lavage des mains et de solutions de réhydratation orale.
Cependant, malgré ces interventions, les données issues des investigations menées dans la commune de la Tshopo suscitent une vive inquiétude. Dans les zones couvertes par le cordon sanitaire, seuls 40 % des ménages disposent de latrines, et parmi celles-ci, moins de 20 % sont considérées comme hygiéniques. La situation est d’autant plus alarmante que moins de 30 % des habitations disposent d’une douche.
« La population défèque à l’air libre ou directement dans l’eau. Le risque de contamination demeure extrêmement élevé. Sans investissements dans les infrastructures d’assainissement, une nouvelle flambée pourrait nous ramener à la case départ », a averti Léonard Kambale.

Présente à cette rencontre, la bourgmestre de la commune de la Tshopo a annoncé une série d’actions urgentes pour faire face à la menace. Elle a promis de rassembler, dans les jours à venir, les habitants de sa municipalité afin de les sensibiliser autour du choléra, notamment sur ses modes de transmission et les mesures de prévention.
Elle a également annoncé la mise en place de dispositifs de lavage des mains, ainsi que d’autres actions d’assainissement communautaire visant à réduire les risques de contamination.
Par ailleurs, la bourgmestre a indiqué qu’ensemble avec le médecin chef de zone de l’Hôpital général de référence de la commune de la Tshopo et l’ONG PPSSP, une démarche sera entreprise auprès du gouverneur de province afin de lui expliquer la situation sanitaire préoccupante et solliciter l’appui des autorités provinciales.

