Un tournant majeur se profile dans la gouvernance forestière de la province de la Tshopo. Trente-et-une (31) communautés locales ont franchi une étape décisive vers la reconnaissance officielle de leurs droits de gestion sur plus de 837 000 hectares de forêt. Leurs demandes de Concessions de Forêts des Communautés Locales (CFCL) ont été officiellement affichées à la Coordination Provinciale de l’Environnement de Kisangani, marquant l’avant-dernière phase du processus.

L’affichage public, fait par l’ingénieur Félicien Malu Lisambola, coordonnateur provincial de l’Environnement, s’est déroulé jeudi en présence de notables et de représentants communautaires. Cette formalité, loin d’être un simple acte administratif, est un pilier de la transparence du processus. Elle vise à informer le grand public et à prévenir d’éventuels conflits fonciers.
« L’affichage permet à tous les acteurs, y compris le public et les autorités, d’être impliqués dès le départ », a souligné l’ingénieur Malu. Il a ajouté que cette transparence est essentielle pour garantir la légitimité et la pérennité de ces concessions.
Avec 14 concessions de ce type déjà actives, la Tshopo pourrait voir ce chiffre grimper à 45 si les nouvelles demandes sont approuvées. Cette expansion significative des droits fonciers communautaires est répartie sur plusieurs territoires :
- Bafwasende : 14 demandes pour plus de 456 000 hectares
- Basoko : 7 demandes pour près de 170 000 hectares
- Ubundu : 6 demandes pour près de 120 000 hectares
- Banalia : 4 demandes pour plus de 91 000 hectares
Ces chiffres montrent une dynamique forte et une volonté des communautés de prendre en main la gestion durable de leurs forêts, un atout écologique et économique majeur pour la région et le pays.

À l’en croire, cette avancée est le résultat d’un effort combiné entre les communautés, les autorités locales et des partenaires internationaux. L’organisation Tropenbos RDC, via son projet SEFOMEPC, a apporté un soutien technique crucial pour l’ensemble de la procédure. Ce projet est lui-même soutenu par Tenure Facility, un fonds international dédié à la sécurisation des droits fonciers des communautés forestières.
Ce partenariat illustre comment l’expertise locale et le soutien financier international peuvent s’allier pour faire progresser la justice environnementale et le développement durable.
La prochaine étape est la transmission des dossiers au gouverneur de province, qui prendra une décision finale par arrêté provincial. L’approbation de ces demandes ouvrirait une nouvelle ère pour la gestion forestière communautaire en République Démocratique du Congo, en offrant aux populations locales les moyens de protéger et de valoriser leur patrimoine naturel.

