Buta n’avait pas connu pareille effervescence depuis près d’une décennie. En ce samedi 7 mars, sous un soleil lourd de la fin d’après-midi, la capitale du Bas-Uélé s’est transformée en scène politique à ciel ouvert. L’arrivée de l’honorable Carole Agito Amela, venue passer ses vacances parlementaires dans son fief, a pris les allures d’un retour triomphal.
Peu après 15 heures, l’avion se pose sur le tarmac de l’aéroport national de Buta. À la descente de l’appareil, un accueil protocolaire attend l’élue : haie d’honneur, salutations officielles et bouquet de fleurs. Mais la véritable scène se joue au-delà du périmètre de l’aéroport. Là, une foule compacte s’est massée depuis des heures pour apercevoir celle que beaucoup appellent ici « Maman ya Tombwa ».
Dans les rangs de la population, des femmes agitent des pagnes à son effigie, des jeunes entonnent des chants, tandis que des groupes improvisent des pas de danse au rythme des tam-tams. L’atmosphère rappelle davantage une célébration populaire qu’un simple retour de vacances parlementaires.


À mesure que le cortège progresse dans les rues poussiéreuses de Buta, les habitants sortent des maisons, saluent, applaudissent. Certains brandissent des pancartes improvisées, d’autres scandent son nom. L’image est forte : une élue portée littéralement par sa base.
Je suis fière de vous. Cette mobilisation spontanée me touche profondément », lance-t-elle, visiblement émue.
Le moment est aussi politique. En ce mois de mars consacré à la célébration des droits des femmes, Carole Agito annonce l’inauguration imminente de la “Maison de la Femme”, une infrastructure présentée comme la première du genre dans la province. L’établissement devra servir d’espace de formation, d’accompagnement et de promotion pour les femmes du Bas-Uélé.
Mais très vite, le discours glisse vers les enjeux nationaux.
Fidèle parmi les fidèles du président Félix-Antoine Tshisekedi, l’élue appelle à l’unité derrière le chef de l’État. Dans un pays où la question institutionnelle agite régulièrement les débats politiques, elle se prononce clairement pour une réforme constitutionnelle.
Notre Constitution nécessite une révision, voire un changement. Certains points doivent être adaptés pour permettre au pays d’avancer sereinement », affirme-t-elle sous les applaudissements.

L’Honorable Carole Agito a par ailleurs salué les efforts diplomatiques et sécuritaires du Chef de l’État face à la crise sécuritaire dans l’Est du pays, évoquant l’implication du Rwanda à travers le M23.
Le Président ne dort pas. Grâce à ses efforts, la communauté internationale cite désormais clairement l’agresseur. Nous devons lui apporter un soutien total. »
Par cette arrivée fortement mobilisatrice, Carole Agito Amela confirme son ancrage politique et social dans le Bas-Uélé, tout en s’inscrivant dans la dynamique de réformes institutionnelles défendue au sommet de l’État.

