L’ Assemblée provinciale de la Tshopo prévoit de recenser les terrains, bâtiments et résidences publiques occupés ou détournés de leur affectation. Son président, Mateus Kanga, promet un suivi parlementaire et la saisine des instances compétentes si des responsabilités sont établies.

À Kisangani, la spoliation du patrimoine public s’invite à l’agenda parlementaire. Mercredi 30 septembre, à l’ouverture de la session ordinaire, le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo, Mateus Kanga Londimo, a annoncé la création d’une commission mixte chargée d’identifier les biens de l’État irrégulièrement occupés ou morcelés.

Terrains, bâtiments administratifs, résidences officielles et autres dépendances publiques seraient concernés. Sans avancer de chiffres ni citer de bénéficiaires, Mateus Kanga a décrit une pratique qui, selon lui, prend de l’ampleur dans la province.

Ces biens ne sont pas sans propriétaire. Ils appartiennent à l’État et à l’usage public », a-t-il déclaré devant les députés provinciaux et les membres du gouvernement.

Inventorier avant de récupérer

La commission devra établir un inventaire documenté du patrimoine concerné. Ses conclusions et recommandations seront soumises à la plénière, qui décidera des suites à donner.

Cette opération porte deux objectifs selon le président de l’Assemblée provinciale, d’abord sécuriser les biens encore détenus par l’État et permettre la récupération de ceux qui auraient été irrégulièrement cédés, morcelés ou occupés.

Le chantier s’annonce délicat. Il faudra vérifier le statut juridique de chaque propriété, retracer les décisions administratives et déterminer dans quelles conditions certains biens ont changé d’usage ou d’occupant.

Le test de l’impartialité

Mateus Kanga assure que l’ Assemblée suivra l’application de ses recommandations auprès du gouvernement provincial et des services concernés. Elle pourra également activer ses mécanismes de contrôle parlementaire.

Lorsque des faits susceptibles d’engager des responsabilités seront établis, les instances compétentes devront en être saisies pour les suites appropriées », a-t-il prévenu.

Reste une question politiquement sensible ,cette commission rendra-t-elle publics les noms des bénéficiaires d’éventuelles opérations irrégulières ?

La crédibilité de cette initiative dépendra moins des annonces que de ses résultats. Un inventaire précis, des conclusions accessibles et un traitement identique pour tous seront nécessaires pour éviter que l’opération ne soit perçue comme une campagne sélective. En matière de patrimoine public, les occupants les mieux protégés seront le véritable test de la volonté affichée par l’Assemblée provinciale de la Tshopo.

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