Le constat est amer.
Depuis un certain temps, les murs humains de Basoko semblent commencer à s’effondrer.
Une crise de l’élite, emportée par le phénomène inexorable de la mort, prive progressivement tout un peuple de certaines de ses figures intellectuelles, scientifiques, professionnelles et morales les plus éminentes, au risque d’altérer cette saveur intellectuelle et scientifique qui doit permettre à Basoko de prendre pleinement part au concert des peuples et des nations.
Cette histoire douloureuse est ancienne, mais sa séquence la plus récente semble particulièrement éprouvante.
Elle commence notamment avec la disparition du Professeur Robert EKELE MBENGA, leader incontestable dans le territoire de Basoko, homme soucieux de l’émergence de la jeunesse et profondément engagé dans le rassemblement de cette population, afin de dépasser les disparités et de favoriser une dynamique collective.
À cette disparition s’ajoute celle d’un autre baobab de la science, le Chef de Travaux Albert MUHA BOSANZA, doctorant en histoire économique du Congo. Il s’est lui aussi écroulé, arme à la main, laissant derrière lui le souvenir d’un homme qui avait contribué à la formation de plusieurs cadres aujourd’hui au service de la société.
Comme si cela ne suffisait pas, la crème féminine intellectuelle et scientifique de Basoko a également été frappée.
L’Ingénieure Agronome Victoria MAINDO ELOMBOTE, figure du monde agricole et scientifique, a été à son tour emportée par la mort.
Le secteur de la justice n’a pas davantage été épargné. Maître Jean MOSILO EBOMA EKPEKU, avocat de renom, a lui aussi connu cette tragédie, loin de sa terre natale, à Bruxelles où il avait élu domicile.
Puis vint la disparition du Patriarche, Professeur Émérite et Général d’armée Norbert LIKULIA BOLONGO LINGBANGI.
Celui qui, à différents stades de son parcours, avait franchi tant de Rubicons, formé des générations et contribué à l’éveil des esprits, fut à son tour pris dans le piège de la mort. Sa disparition a laissé les Basoko perplexes, presque sans voix devant cette succession d’épreuves qui frappe leur communauté.
Et voici que survient le cas le plus récent, celui d’une figure emblématique dont le parcours avait dépassé les frontières de Basoko pour rejoindre l’histoire nationale : le Lieutenant Général Lucien René LIKULIA BAKUMI, Auditeur Général des Forces armées de la République démocratique du Congo.
Alors qu’il se trouvait en mission de service, il a trouvé la mort dans un accident d’avion survenu le 25 septembre 2026.
Celui qui, dans l’exercice de ses fonctions, représentait une figure majeure de l’État, n’aura pas eu le temps d’adresser un dernier mot à ses frères et sœurs de Basoko. Le voilà désormais parti, laissant derrière lui une communauté frappée de stupeur et de tristesse.
Une interrogation sur l’avenir d’un peuple
À la croisée de son destin, Basoko se trouve ainsi confronté à une succession d’événements douloureux qui interpellent profondément sa conscience collective.
Ce chapelet de disparitions, qui emporte progressivement des femmes et des hommes ayant contribué à porter haut le nom de Basoko, doit nous conduire à une prise de conscience collective et à un examen sérieux de nos responsabilités individuelles et communes.
Il ne s’agit pas de céder au désespoir, mais de nous interroger : que devons-nous faire pour que la disparition de nos élites ne signifie pas la disparition de leur œuvre ?
La réponse réside peut-être dans notre capacité à transformer le deuil en responsabilité, la douleur en engagement et la mémoire en action.
Basoko a besoin d’une ouverture d’esprit et d’un rassemblement véritable de ses filles et de ses fils, autour d’un cœur épris d’amour, de fraternité et de serviabilité. Nos divergences ne devraient pas être des sources d’animosité. Elles devraient, au contraire, constituer une richesse, une force de contradiction constructive et un moteur d’idées capables de conduire à l’émergence et à la reconstruction de notre territoire.
Les mémoires de nos vaillants fils et filles qui, de leur vivant, ont porté haut le nom de Basoko doivent désormais nous servir de repères. Leur parcours, leurs œuvres et leurs sacrifices doivent être transmis aux générations futures afin de pérenniser les acquis hérités de nos aïeux et de construire ceux que nous léguerons à notre tour.
En mémoire de ces esprits qui nous ont précédés dans l’au-delà, je nous convie à l’unité, à l’amour sincère, débarrassé de toute hypocrisie, au dialogue franc et constructif, mais surtout à la consolidation de nos liens.
Car notre avenir collectif dépend aussi de notre capacité à rester unis lorsque les épreuves nous frappent.
Condoléances
Au nom de tout Basoko, j’adresse mes condoléances les plus attristées à chacune des familles éprouvées, ainsi qu’à la communauté basoko et à la République démocratique du Congo.
Que la mémoire de nos disparus demeure vivante dans nos consciences et dans nos actions.
Que leurs âmes reposent dans la félicité éternelle.

