Le ciel s’assombrit sur la gestion du Fonds spécial de Répartition des Indemnisations aux Victimes des Activités Illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO). Devant le sénat ce mardi 5 mai 2026, le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a levé le voile sur des chiffres spectaculaires qui suggèrent l’existence d’un vaste réseau de détournement de fonds destinés aux victimes de la guerre de six jours et a donné son plan pour sauver la baraque.
Le constat dressé par le patron de la Justice est sans appel. Sur une enveloppe globale de 195 millions de dollars mobilisés pour réparer les préjudices subis par les victimes, seuls 28 millions auraient effectivement atteint leurs destinataires. Un calcul rapide laisse apparaître un trou béant de 167 millions de dollars dont l’utilisation réelle reste, à ce jour, entourée d’un flou artistique.
« C’est un dysfonctionnement grave », a martelé Guillaume Ngefa devant le Sénat, pointant du doigt une gestion qui semble s’être éloignée de sa mission première : la justice réparatrice.
Au-delà de l’aspect purement comptable, le Ministre a révélé une anomalie structurelle majeure dans le fichier des victimes. Initialement établi à 3 000 bénéficiaires, le registre a mystérieusement bondi à plus de 14 000 noms. Cette inflation subite de plus de 360 %, opérée sans justification apparente, constitue pour le Garde des Sceaux la preuve irréfutable de « possibles fraudes » visant à siphonner les ressources du fonds au détriment des véritables victimes de Kisangani.
Le plan Ngefa
Face à ce qu’il convient désormais d’appeler le « scandale FRIVAO », Guillaume Ngefa ne compte pas rester au stade des dénonciations. Un plan de redressement musclé a été annoncé. Il débute par des mesures conservatoires fortes, notamment la suspension du Président du Conseil d’administration et une réorganisation profonde des organes de gestion.
Un audit indépendant du fichier des bénéficiaires sera lancé incessamment pour « nettoyer » les listes et identifier les responsables de cette saignée financière. Le Ministre a été clair : la reprise des indemnisations individuelles est désormais conditionnée à l’assainissement total de ce fichier.
Pour Guillaume Ngefa, l’objectif est limpide : transformer le FRIVAO, aujourd’hui sous le feu des critiques, en un instrument crédible, fondé sur la redevabilité et la transparence absolue. L’État de droit, moteur de son action, passe par la restitution de chaque dollar dû aux victimes.

