À travers une exonération exceptionnelle accordée jusqu’au 30 juin 2026, Mike-David Mokeni veut pousser les entrepreneurs du Bas-Uélé à investir dans le transport des personnes et des marchandises sur cet axe stratégique longtemps confronté à d’énormes difficultés.

Le premier fils du Bas-Uélé qui mettra un bus en circulation sur cette route ne paiera ni taxe ni péage. Un signal fort pour le désenclavement de la province et la relance des échanges économiques.

Aucun péage, aucune taxe », a résumé le gouverneur, dans une formule qui sonne comme un appel direct aux opérateurs économiques de la province.

Une route stratégique, un secteur à reconstruire

Au Bas-Uélé, la question du transport dépasse largement le simple enjeu de mobilité. Entre routes dégradées, rareté des véhicules de transport collectif et coûts élevés des déplacements, les populations restent confrontées à un enclavement qui freine les échanges commerciaux et la circulation des personnes.

La RN25, qui relie Isiro à Buta, constitue pourtant un corridor vital pour l’économie provinciale. Mais faute d’investissements suffisants, plusieurs tronçons demeurent peu exploités par les transporteurs privés.

En annonçant cette exonération exceptionnelle, Mike-David Mokeni cherche manifestement à créer un électrochoc économique. Le message est clair : la province est prête à alléger la pression fiscale pour encourager l’émergence d’initiatives locales.

Une stratégie politique assumée

Derrière cette mesure se dessine également une stratégie de gouvernance axée sur l’incitation plutôt que sur la contrainte. Dans un contexte où les provinces congolaises peinent souvent à attirer des investisseurs dans les secteurs structurants, l’initiative du gouverneur apparaît comme une tentative de repositionner le Bas-Uélé autour d’une logique de partenariat avec les entrepreneurs locaux.

Le choix de réserver cette faveur au « premier fils du Bas-Uélé » n’est pas anodin. Il traduit une volonté d’encourager l’investissement endogène et de responsabiliser les opérateurs économiques issus de la province elle-même.

Reste désormais à savoir si cet appel trouvera un écho concret auprès des investisseurs. Car au-delà de l’effet d’annonce, c’est toute la question de la viabilité économique du transport sur la RN25 qui demeure posée.

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