À l’Assemblée nationale, le député Patrick Matata Makalamba a plaidé pour une profonde refonte du système fiscal congolais, dénonçant la multiplication des taxes et prélèvements qui freinent l’investissement. Opposé à toute nouvelle parafiscalité pour financer les anciens combattants, l’élu de Kisangani estime que leur prise en charge doit relever du budget général de l’État.

Son intervention de ce vendredi 2 juillet est intervenue lors de la session extraordinaire consacrée notamment à l’examen du projet de loi de finances rectificative de l’exercice 2026 ainsi qu’à plusieurs projets de loi stratégiques transmis au Parlement.

Prenant la parole en plénière, Patrick Matata a d’abord soutenu la recevabilité du projet de loi relatif aux anciens combattants, qu’il estime fondé sur l’article 123 de la Constitution, lequel confie à la loi la définition des principes fondamentaux applicables à la protection des personnes vulnérables.

Selon lui, les anciens combattants appartiennent à cette catégorie en raison des séquelles physiques, psychologiques et des difficultés de réinsertion auxquelles ils sont souvent confrontés après leur engagement au service de la Nation.

Les réformes font les États », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité pour la République démocratique du Congo de poursuivre la modernisation de ses institutions.

L’élu de Kisangani a également proposé que le texte soit renommé « Loi portant principes fondamentaux applicables aux anciens combattants », estimant que cette formulation correspond davantage à l’esprit de la Constitution.

Le principal point de son intervention a toutefois porté sur le financement du futur Fonds des anciens combattants. Patrick Matata s’est opposé à la mise en place de nouvelles taxes ou contributions spécifiques pour assurer son fonctionnement.

Pour lui, les anciens militaires doivent être pris en charge par le budget général de l’État et non par des prélèvements supplémentaires imposés aux opérateurs économiques.
Il a dénoncé une parafiscalité qu’il juge déjà excessive et préjudiciable au climat des affaires, rappelant que le principe de l’universalité budgétaire prévoit que l’ensemble des recettes publiques finance collectivement les dépenses de l’État.

S’agissant de la réforme du régime fiscal et douanier, le député a salué une initiative qu’il considère comme essentielle pour renforcer l’attractivité économique du pays.

Il a notamment pointé la multiplication des interlocuteurs fiscaux, entre impôts, taxes, redevances et prélèvements divers, qui complexifie les activités des investisseurs et accroît les coûts administratifs des entreprises.
Patrick Matata a également insisté sur la nécessité de garantir une plus grande stabilité du cadre fiscal afin de permettre aux opérateurs économiques de disposer d’une meilleure visibilité pour leurs investissements à long terme.

Il a enfin appelé à une réflexion plus globale sur l’organisation du système fiscal congolais, estimant qu’une meilleure coordination entre les différents niveaux de gouvernance pourrait contribuer à améliorer l’efficacité des mécanismes de collecte et à simplifier les relations entre les contribuables et l’administration.

En invitant ses collègues à soutenir ces réformes, le député national a défendu une vision fondée sur la modernisation des finances publiques, la réduction des lourdeurs administratives et le renforcement du climat des affaires, qu’il considère comme des leviers indispensables au développement économique et à la diversification de l’économie congolaise.

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