Alors qu’une cérémonie coutumière de réconciliation entre les communautés Mbole et Lengola se prépare à Lubunga (Kisangani), le Conseil communal de la Jeunesse tire la sonnette d’alarme. Craignant d’être écartée de cette initiative, la structure jeunesse dénonce l’absence totale de consultation ou de contact à son égard.
« Nous apprenons qu’une cérémonie d’envergure est en préparation pour tourner la page des violences communautaires, mais jusqu’à présent, aucune invitation, aucun échange officiel ne nous a été adressé », s’indigne Francis Samene, président du Conseil.
Une situation jugée préoccupante par les jeunes, qui rappellent que leur rôle a été central dans l’apaisement des tensions entre les deux communautés. Durant les épisodes de crise, ce sont en effet les structures de jeunesse qui ont mené plusieurs actions de médiation de proximité, sensibilisé les quartiers et facilité le retour au calme.
On parle de réconciliation, mais sans les jeunes ? C’est une paix sans racines. »
Le Conseil regrette que les organisateurs privilégient les invitations aux groupes de pression, plateformes de la société civile et autres structures, au détriment de la représentation officielle de la jeunesse, pourtant légale et étatique.
Pour les jeunes, ce choix d’exclusion n’est pas anodin. Il révèle une tendance persistante à marginaliser leur rôle dans les processus de paix et de développement local.
« Ce n’est pas une erreur protocolaire, c’est un signal inquiétant. La jeunesse est le moteur de la stabilité dans cette commune », martèle Francis Samene.
Le Conseil de la Jeunesse de Lubunga appelle les autorités provinciales et coutumières à rectifier le tir avant la tenue de la cérémonie. Il réclame une participation active et formelle de la jeunesse, considérée comme partenaire incontournable d’un processus de réconciliation crédible et durable.

