Dans les écoles de Banalia, il n’est pas rare de voir des enfants assis à même le sol, partageant parfois un seul banc pour trois ou quatre élèves. Les salles de classe, quand elles existent, portent les stigmates des années : murs écaillés, tables branlantes et promiscuité quotidienne. C’est dans ce décor discret, mais révélateur d’un système éducatif en tension, que la Fondation Jupson DJEZE Zonga a choisi d’intervenir. Plus de mille bancs-pupitres sont en cours d’acheminement vers plusieurs établissements scolaires du territoire.

Le convoi qui transporte ces bancs traverse des routes parfois difficiles, soulignant à lui seul l’ampleur de l’engagement. Chaque banc est un symbole : celui d’un enfant qui pourra enfin s’asseoir correctement, suivre le cours avec plus de concentration et de confort, et retrouver un peu de dignité dans le quotidien scolaire. Pour les enseignants, c’est aussi un soulagement : des classes moins encombrées permettent un meilleur suivi, moins de distractions, et un climat plus propice à l’apprentissage.

rendre à l’école sa dignité

À Banalia, le territoire d’origine du gouverneur Paulin Lendongolia présente un déficit de mobilier scolaire alarmant. Il structure le quotidien des élèves et conditionne la qualité de l’enseignement. Dans de nombreuses écoles rurales dans la tshopo, l’affluence est forte et les ressources limitées. Le manque de bancs oblige certains enfants à rester debout ou à s’entasser sur les quelques tables disponibles. Les enseignants, quant à eux, doivent composer avec cette promiscuité, parfois au détriment de la pédagogie

La dotation de la Fondation Jupson DJEZE Zonga arrive donc à point nommé. Elle s’inscrit dans un cadre plus large, celui de la gratuité de l’enseignement de base prônée par le gouvernement. Mais elle va au-delà : elle témoigne de l’importance du rôle des acteurs privés et humanitaires dans la construction d’un environnement scolaire digne, où les enfants peuvent apprendre dans des conditions minimales décentes.

Dans ce territoire qui attire les entreprises clandestines chinoises à l’exploitation de l’or, la communauté locale oubliée par l’exécutif provincial attend avec impatience cette dotation. Les directeurs d’école et les enseignants saluent une initiative qui, même si elle ne résout pas tous les problèmes, offre une réponse concrète à un besoin pressant. Pour les élèves, c’est l’espoir de retrouver un espace où leur attention n’est plus constamment détournée par l’inconfort, où le simple fait de s’asseoir correctement devient un droit retrouvé.

Hors micros, les humanitaires et observateurs du développement a banalia, pensent que ce geste illustre un principe fondamental : parfois, l’impact le plus immédiat sur la vie d’un enfant ne réside pas dans de grandes réformes, mais dans des actions tangibles, visibles et directement perceptibles.

Mille bancs, mille gestes de dignité, mille occasions de réapprendre à s’asseoir et à rêver. Dans les écoles de Banalia, l’éducation reprend forme, rang après rang, banc après banc.

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