Ce lundi soir, l’Espace Ngoma à Kisangani a été au coeur d’une communion communautaire. À l’occasion du 26e anniversaire de la tragique Guerre de Six Jours qui a meurtri la ville en juin 2000, l’ONGDH Ukumbusho, avec l’appui de FONAREV, a réuni citoyens, victimes et intellectuels autour d’une « Nuit de Paix ». Entre recueillement et revendication, la ville boyomaise a rappelé au monde que si le temps passe, le devoir de justice demeure.


La lueur des bougies allumées par les participants dans l’obscurité de l’Espace Ngoma symbolisait bien plus qu’un simple hommage. ccétait un cri du cœur pour la paix, non seulement pour Kisangani, mais pour l’ensemble de l’Est de la République Démocratique du Congo, aujourd’hui encore en proie à l’insécurité.
« Ne jamais oublier notre histoire »

Pour Blaise Monduka, coordonnateur d’Ukumbusho, cette « Nuit de Paix » articule trois revendications fondamentales. «Le message principal, c’est que nous ne devons pas oublier notre histoire. La Guerre de Six Jours est notre propre histoire, et nous sommes appelés à la connaître », a-t-il martelé.
Au-delà de la mémoire, c’est la soif de justice qui a dominé les échanges. Blaise Monduka regrette l’impunité qui persiste, soulignant qu’aucune condamnation effective n’a été prononcée pour les crimes commis durant ces jours sombres. Enfin, cette soirée a été un geste de solidarité envers les populations de l’Est du pays, actuellement sous occupation. « Nous voulons lancer un message pour dire aux victimes que nous ne les oublions pas, nous sommes ensemble avec eux », a-t-il ajouté.
L’événement a été marqué par des interventions fortes, appelant à une prise de conscience collective. Me Michel Byambe, porte-parole du Gouverneur, a insisté sur la nécessité d’un véritable travail de documentation : « Il faut un véritable devoir de mémoire pour écrire notre propre histoire de la guerre de six jours ».

Pour le Professeur Alphonse Maindo, éminent observateur de la scène politique au pays, ce travail de mémoire ne peut être que la responsabilité de tous. Le ton s’est fait plus ferme avec l’activiste Jedidia Mabela, qui a dénoncé avec vigueur les alliés locaux des armées rwandaise et ougandaise, responsables de la destruction de la ville en juin 2000.
Le moment le plus intense de la soirée a été sans nul doute le témoignage vibrant de Mamie Utshudi, victime emblématique de cette guerre, dont le récit a rappelé à l’assistance la réalité cruelle des faits.

Loin de se limiter à cette soirée symbolique, Ukumbusho entend inscrire son action dans la durée. Après une enquête de sensibilisation et cette « Nuit de Paix », l’organisation prévoit, pour la suite du programme, une visite guidée des sites mémoriaux de la Guerre de Six Jours. Une initiative pédagogique destinée à transmettre aux jeunes générations la mémoire réelle des événements.
Alors que les bougies s’éteignaient à l’Espace Ngoma, le message, lui, restait gravé dans les esprits : à Kisangani, la quête de justice et la soif de paix restent, 26 ans après, un combat quotidien.

