Vingt-cinq ans (25 ans) après les jours sombres sous le choc des violents affrontements entre les armées rwandaise et ougandaise à Kisangani, en juin 2000, le Fonds Spécial de Répartition de l’Indemnisation aux Victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO) a ravivé ce jeudi 05 juin le souvenir douloureux de la guerre d’un , trois et six jours.

À l’initiative du FRIVAO et des associations des victimes, sous le haut patronage du Chef de l’État, SEM Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, une série d’événements pour la mémoire collective a ouvert ses rideaux par une messe d’action de grâce dite à la cathédrale Notre-Dame du Saint Rosaire, à Kisangani, suivi d’une marche silencieuse et d’un dépôt des gerbes des fleurs, en hommage aux victimes de ces atrocités et des souffrances endurées pendant la triste guerre.

Au-delà de la mémoire, l’appel à l’engagement !

La commémoration a débuté par une messe solennelle à la Cathédrale Notre-Dame du Saint Rosaire, un lieu symbolique qui, durant ces six jours de juin 2000, a été le témoin impuissant des déchirements qui ont détruit la ville Boyomaise. La messe a accueilli, non seulement les victimes, mais également, les autorités civiles et militaires de la province de la Tshopo, notamment le Gouverneur aï Senold Tandia et le maire de la ville de Kisangani, Delly Likunde.

Dans son homélie tirée dans l’évangile de Jean, l’officiant du jour a appelé à la réconciliation et à la justice, soulignant l’importance de la paix pour l’avenir de Kisangani.

« Aujourd’hui, nous prions pour ceux qui ont péri, pour ceux qui ont été blessés, et pour que de telles tragédies ne se reproduisent plus jamais sur notre terre », a-t-il déclaré, avant de souligner qu’au-delà de cette mémoire collective, il faut un « engagement » en faveur de la justice, la réparation et la paix définitive.

Plus qu’une marche silencieuse

À l’issue de la messe, des centaines de personnes, vêtues majoritairement de noir, ont entamé une marche silencieuse à travers l’avenue Munyororo pour chuter au cimetière de la guerre de six jours. La marche, empreinte de dignité et de recueillement, a été menée en première ligne par le Secrétaire Rapporteur du FRIVAO, Dr Clémence KALIBUNJI, faisant l’intérim du Coordonnateur National aï, Chançard BOLUKOLA. Au côté du Secrétaire, la chargée des Finances, Aline ENGBE, tous se sont pointés en silence assourdissant portant la voix de milliers de victimes avec des regards tournés vers l’avenir, mais n’oubliant pas le passé.

Des hommages respectueux aux disparus

Le point culminant de cette journée de mémoire, commémorée par FRIVAO, est notamment le dépôt de gerbes de fleurs au Cimetière de six jours, lieu de repos de nombreuses victimes innocentes des obus des armées rwandaise et ougandaise.

Au pied des stèles, des bouquets de fleurs ont été déposés tour à tour par le Gouverneur aï Senold Tandia, le Président du Conseil d’administration du FRIVAO, Bernard Kalombola, le Secrétaire Rapporteur Dr Clémence KALIBUNJI et le Président de l’association des victimes Katusi ETEFA, chacun représentant une vie brisée, un rêve envolé, des larmes non encore sèches.

Avec une détermination chevillée au corps, le Secrétaire Rapporteur Dr Clémence KALIBUNJI a réitéré l’engagement du FRIVAO pour la justice et la réparation des préjudices subis, en travers le processus d’indemnisation individuelle et collective en cours. Pour sa part, l’excellence Senold Tandia, a rappelé que la commémoration de ce jour est un signal fort pour que « Kisangani ne puisse plus revivre de telles atrocités ». Même message réitéré par Jean BAKOMITO, gouverneur du Haut-Uélé, province sœur de la Tshopo, qui a signé sa présence remarquable à la cérémonie solennelle.

La guerre de six jours, qui a opposé l’Armée Patriotique Rwandaise (APR) et les Forces de Défense du Peuple Ougandais (UPDF) en juin 2000, a causé des milliers de morts, des destructions massives et laissé des cicatrices profondes dans le tissu social de Kisangani. Cette commémoration, organisée avec la participation active des victimes, est un témoignage fort de la résilience de la population de Kisangani et de sa détermination à préserver la mémoire collective afin que de tels événements ne se reproduisent plus jamais. C’est aussi un rappel poignant à la communauté internationale de l’impératif de soutenir les efforts de justice et de réparation en RDC.

Avec la CELCOM / Frivao

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