À Kisangani, le matin du 5 juin 2000 ressemblait à tant d’autres. Les enfants prenaient le chemin de l’école, les commerces ouvraient leurs portes et la ville suivait son rythme habituel. Rien n’annonçait encore que, dans quelques heures, Kisangani entrerait dans l’un des épisodes les plus violents de son histoire récente.
Parmi ces enfants se trouvait Fontaine Mangala, aujourd’hui Député national élu de Kisangani principalement par les électeurs des communes Kabondo et Kisangani où il à partagé son enfance entre l’école et l’église.
Écolier à l’école primaire Mwangaza appartenant à la congrégation des frères Maristes, il se souvient d’une matinée ordinaire brusquement interrompue par des sons inhabituels. Au début, les détonations semblaient lointaines. Puis elles se sont rapprochées.
Dans les salles de classe, l’attention des élèves s’est peu à peu déplacée du tableau vers l’extérieur. Les enseignants tentaient de maintenir le calme pendant que l’inquiétude gagnait les couloirs.
Puis la décision est tombée, les cours étaient suspendus,les élèves devaient rentrer chez eux.
Nous ne comprenions pas encore ce qui se passait réellement », raconte Fontaine Mangala.
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Sur le chemin du retour, le décor avait changé. Les avenues étaient envahies par des parents cherchant leurs enfants. Certains couraient vers le Groupe scolaire ISMA aujourd’hui Chololo, Kalindula filles et garçons et D’autres pleuraient déjà. Une tension inhabituelle traversait la ville.

À ce moment-là, beaucoup ignoraient encore que Kisangani venait d’entrer dans ce qui sera plus tard appelé la guerre de six jours.
Arrivé à la maison, Fontaine pense trouver un peu de répit. Mais quelques instants plus tard, un groupe de jeunes traverse son avenue en portant un homme atteint par une balle perdue.
Ils avancent rapidement puis ils reviennent sans lui. L’homme n’a pas survécu! Pour le jeune élève qu’il était alors, ce moment reste une rupture.
C’était la première fois que je voyais une victime de guerre. »
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Le reste de la journée se déroule dans l’attente et la peur. Les habitants restent enfermés chez eux. À la tombée de la nuit, les tirs deviennent plus intenses. Impossible de dormir. Le bruit des armes couvre le silence de la ville.
Pendant plusieurs jours, Kisangani devient le théâtre d’affrontements meurtriers entre les armées ougandaise et rwandaise. Pris au milieu du conflit, les civils paient un lourd tribut.

Vingt-six ans plus tard, les souvenirs demeurent. Au-delà des chiffres et des récits officiels, il reste des scènes gravées dans les mémoires . une école qui ferme brusquement, des familles qui fuient, une ville qui retient son souffle. Et pour Fontaine Mangala, cette image qui ne l’a jamais quitté : celle d’un enfant rentrant de l’école au moment exact où la guerre commençait.
Quant à ceux qui ont détourné les fonds destinés à l’indemnisation des victimes, ils devront répondre de leur méchanceté devant lajustice humaine et divine
Par Steves PALUKU| D’après le témoignage de Fontaine Mangala

